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R.D.C/ Nomination de Judith TULUKA à la Primature : Madame Solange LWASHIGA, une des pionniers du mouvement « Rien sans la Femme » se frotte les mains, mais reste sceptique

 Quelques heures après la nomination à la tête du Gouvernement de la République Démocratique du Congo de Madame Judith SUMWINA comme Premier Ministre par le Chef de l’Etat Félix TSHISEKEDI, des réactions fusent dans toutes les couches socio-politiques.

Celle parvenue à notre rédaction est de madame Solange LWASHIGA, une des pionniers de l’avènement du mouvement « Rien sans les Femmes » sur toute l’étendue de la République.

Pour la secrétaire exécutif de la plateforme «  CAUCUS DES FEMMES POUR LA PAIX », cette nomination est historique :

« C’est vraiment un événement historique par rapport à la promotion des droits des femmes soit la femme et les instances de prise de décision. Depuis le feu Maréchal Mobutu en passant par ses prédécesseurs et ses successeurs jusqu’aujourd’hui, c’est la toute première fois qu’on a une femme première ministre. C’est un événement à saluer. »

Et à elle de poursuivre :

« Quand j’essaie de voir la forme de cette nomination, pour des personnes moins averties à l’analyse par rapport à la gestion du pays, beaucoup des personnes vont acclamer et moi j’acclame, mais ces acclamations restent au niveau de la forme. Il est opportun de creuser le contexte politique de la nomination de la femme comme premier ministre. Lequel contexte lié à la formation du Gouvernement et cette formation du Gouvernement nous amène à voir le contexte politique et tous ses acteurs notamment les autorités morales des partis politiques ainsi que toutes ces forces politiques qui se battaient pour être soit nommé Premier ministre ; Comment est-ce que la femme va gérer toutes ces personnes »

Deux pieds sur terre, option fétiche pour la réussite des missions constitutionnelles auxquelles est liée la fonction du Premier Ministre !

L’ancien porte-parole nationale du Mouvement « Rien Sans la Femme » n’a pas hésité d’être sceptique de cette offre passée à la femme congolaise. Elle estime que les défis sont énormes à relever entre autres ceux liés à la sécurité de la grande partie du pays, l’instabilité monétaire, le respect strict de la parité consacrée par la constitution pour ne citer que cela.

« Cette femme premier ministre, je suis convaincue qu’elle ne pourra faire ou prendre une disposition ou nommer x ou y sans l’aval du Président de la République est cela où moi la peur se présente parce que la nomination  d’une femme premier ministre, oui on dira que le Chef de l’Etat, champion de la masculinité positive. Mais, comme nous demandons de respecter la parité lors de la formation du Gouvernement, et quand la parité ne sera pas respectée, les voix de tous les hommes vont se lever pour dire on vous a donné un Premier-ministre, elle ne parvient pas à faire respecter la parité et les personnes moins averties vont croire à ces paroles méchantes oubliant le contexte de la formation du Gouvernement »

Madame Solange LWASHIGA insiste en ces termes :

« La première recommandation à formuler à la cheffe du Gouvernement nommée, c’est d’être deux pieds sur la  terre pour dire qu’elle analyse ce qui entoure son pouvoir comme  le contexte politique, sécuritaire, économique et regarder quelles sont les forces présentes comme opportunité qui pourrait l’aider à marquer ne fut-ce que quelque chose d’empreinte digitale où on se souviendra qu’il ya eu une femme Premier Ministre.

Il est à noter qu’avant d’être ministre du Plan, Madame Judith TULUKA, membre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, était experte nationale dans un projet d’appui communautaire dans l’Est du pays. Elle a ensuite travaillé au cabinet du ministère du Budget avant de devenir coordonnatrice adjointe du Conseil présidentiel de veille stratégique (CPVS).

Née le 19 octobre 1967 et originaire de la province du Kongo-Central, elle s’est diplômée d’un master en Économie appliquée, spécialisation en gestion financière, de la faculté économique de Mons, en Belgique, elle complète son cursus par un diplôme d’études complémentaires en Travail dans les pays en voie de développement.

Par Jeannot KALENGA

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