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Sud-kivu : Que retenir du conflit autour des champs à kinanira et Kahungwe dans la cité de Sange en territoire d’Uvira ( 1ère partie)

Les champs situés aux quartiers Kinanira et Kahungwe dans la cité de Sange en territoire d’Uvira au centre de la mésentente entre certains habitants de la cité de Sange et la diaspora de SANGE. Ces agriculteurs accusent les autorités locales d’être à la base de l’expropriation de leurs champs au profit de la diaspora.

Dans l’Arrêté N°21/079/GP/SK portant création d’une extension du lotissement dénommé KINANIRAII-KAHUNGWE situé dans la partie restante de Kahungwe à Sange en territoire d’Uvira, province du Sud-Kivu, le Gouverneur de province, par l’entremise de son Directeur de cabinet adjoint en la personne de Me.Daniel LWABISHI accorde des concessions avec pour superficie de 149 hectares 23 ares 00 centiares, 00 pour cent. Ce lotissement est limité au nord par la rivière KAKENGE, au Sud par le quartier KIBOGOYE, à l’Est par le lotissement KINANIRAII-KAHUNWE et à l’Ouest par la colline KINIGA. Et cela après la lettre de la jeunesse de Sange de la diaspora dont la lettre daterait du 16 février 2021 portant la demande d’un terrain à caractère résidentiel adressée au Gouverneur Théo NGWABIDGE.

Monsieur KULOLEKEZA, représentant des victimes déclare qu’ils ont été victimes d’expropriation de leurs champs et détiennent des documents parcellaires et ne se sont jamais mis autour d’une table pour en discuter avec la diaspora :

« Ces champs c’est notre héritage, nous les avons hérité de nos grands-parents. Les autres ont acheté chez les tierces personnes et ils détiennent des actes de vente. Sans nous voir, la diaspora en complicité avec notre chef de cité de sange, l’Administrateur du territoire d’uvira, le Gouverneur de province viennent exproprier nos champs sans dialogue, ni commun accord. »

Et de poursuivre :« Nous avons sollicité mainte fois des échanges avec la diaspora par canal du chef de cité qui est le responsable de ce dossier, mais le chef a refusé. L’Administrateurs du territoire d’uvira est venu lancer les travaux dans nos champs le 12 août 2022 même sans nous tenir informé. Nous, nous demandons nous sommes dans quel pays. Le 22 aout 2022, Nous étions surpris voir 3 machines venir détruire, déraciner nos plantations d’arbres d’eucalyptus, des maniocs et autres. Nous n’allons pas accepter à moins qu’on nous tue d’abord. »

Pointé des doigts au premier plan d’avoir fait ombre du consensus entre les agriculteurs concernés et les acquéreurs de ces hectares, monsieur Matabishi NYANGE, chef de cité de Sange rejette ces griefs portés contre sa personne. Celui-ci estime que tout s’est passé à la normale étant que le sol et le sous-sol appartient à l’Etat conformément aux prescrits de la loi foncière en vigueur en RDC :

« La diaspora ne peut pas ravir les champs. C’est l’Etat congolais qui a fait le lotissement. Nous allons tracer et distribuer les parcelles parce qu’il y a eu une demande des jeunes de la diaspora à l’Etat congolais demandant une terre ou ils vont construire des maisons et l’Etat congolais a répondu favorablement à leur demande. Le Gouverneur de province a signé un arrêté, et l’arrêté a été signer depuis l’année passée qui a ordonné ce lotissement et ce sont les services techniques qui sont en train de faire ce lotissement, et non la diaspora. »

Il poursuit en ces termes :« il n’y a pas un conflit qui est là. D’ailleurs la population de Kahungwe est en train de travailler avec les services techniques dans les traçages des routes, distribution des parcelles pour que la construction de ces maisons commence. Ils vont construire 600 maisons selon leur demande. Les gens ignorent que le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat. Ce n’est pas à dire que occuper un champ pendant des années que ces champs leurs appartienne, non. »

Le Porte-parole de la diaspora de la cité de Sange et un des demandeurs de terre, pasteur BUKURU BITINGIGWA rapporte que les champs à problèmes n’ont pas été touchés.

« En ce moment où nous échangeons, nous sommes sur place entré de travailler,. Les propriétaires des champs de de Kahungwe se sont mis d’accord sur leur champs et ce sont dit cédons. Là où il y avait le problème ce à Kinanira et on n’a pas même touché un centimètre, là où il y a la paix ce à Kahungwe et cela qu’on exerce le boulot. Le lotissement n’appartient pas à la diaspora, il appartient à l’état.Le temps ou les gens verront que c’est important ce que la diaspora a projeté (la construction des maisons), ils iront eux-mêmes causer avec leur chef de quartier et puis ils reviendront à nous pour nous dire ce qu’ils ont conclu entre eux, et nous serons à leur disposition pour la construction de ces maisons de ce côté. Nous avons tous les documents qui nous permettent de faire ce travail, » conclut monsieur BUKURU.

Tenant compte de son âge et de son ancienneté dans la cité, KUMBUKA MERA, un des notables de la cité de Sange affirme que les champs ont été attribués à leurs frères et sœurs de la diaspora sans consulter préalablement les occupants :

« La diaspora a fait ce démarche de demande des terres où ils vont construire 600 maisons sans pour autant informer, ni intéresser les agriculteurs (les responsables des champs), et ils ont eu l’arrêté du gouverneur sans que les agriculteurs ne le sachent. Cet à peine que ces derniers vont découvrir l’expropriation de leurs champs lorsqu’ils ont vu les machines dans leurs champs en train de détruire, déraciner leurs plantations d’arbres d’eucalyptus, des maniocs, patates douces et autres. »

Et de renchérir :« Nous avons essayé des nous mettre dans ce dossier mais ça n’a pas marché. Nous avons demandé au chef de cite de Sange des nous présenter une liste de ses jeune de la diaspora qui vont construire ces 600 maisons, mais il ne l’a pas fait et nous en tant que sages, nous avons trouvé ça comme un mensonge et il n’y a pas de clarté dans tout ça. Nous avons jugé bon de nous retirer dans ces dossier, car nous trouvons sa comme une guerre et escroquerie. »

Ayant été devant les micros de nos reporters, chef de cadastre, un des services techniques octroyant des titres immobiliers, monsieur KAKOZI ITONGWA n’hésite pas de fustiger que ces agriculteurs ne détiennent pas des documents valables pour se prévaloir de la qualité des propriétaires :

« A présent, nous sommes sur terrain dans l’implantation de ce lotissement en train de travailler. Si nous disons conflit, donc ce conflit n’a pas de sens car les gens de Kahungwe disent que le terrain leur appartient. Ils l’ont cédé parce que les arbres ont fait de ce lieu, un lieu d’insécurité. Les bandits venaient abriter dans ces arbres pour faire leurs exactions, puis ils ont cédé librement ces terrains au nom de la paix. Seulement que dans cet espace, il n’y a pas les gens de Kasenyi et Rutanga dont certains ont les champs et ont fui l’identification pour dire que chacun voulait garder son champ. Les grands concessionnaires qui sont à Kahungwe, ont cédé leur concession. »

A celui-ci de confirmer :

 « Personne n’a les documents.Ce sont les petits documents de chef des quartiers.On leur a demandé un certificat ou même un contrat de location, personne ne l’avait brandi, car ils n’en ont pas.L’état a suivi la plainte de la population et a dit:comme c’est lieu est objet de l’insécurité, cédons ce lieu à ces gens de la diaspora qui veulent construire des maisons.Voilà ceux qui a poussé au gouverneur de signé cet arrêté. »

En sa qualité de l’administrateur adjoint du territoire d’Uvira auquel fait partie la cité de Sange, monsieur BAGIRA KAYAMBA reconnaît que son titulaire ayant lancé les travaux sur place. Toutefois, il estime ne pas vraiment les contours de ce dossier :

« Jusque-là, moi-même, je ne maitrise pas ce dossier. On nous a appelés là, mais c’est la maman qui était partie pour le lancement et jusque-là le dossier est en cours et poursuit son cours normal.Eux-mêmes son autochtones de Sange ; ce ne sont ni les enfants de Kiliba ni de Bukavu et s’il y a conflit je crois qu’eux même en finira. Je ne peux donner raison à personne car je vous dis que le dossier est en cours, donc on saura celui qui a raison après les investigations qu’on aura déjà menées. Le lancement a été fait, oui !! Mais il y a les autorités qui sont informées quant à ce et la population elle-même. Malgré qu’il y a des mésententes suite aux gens qui aiment paniquer les autres, mais je crois que le dossier sera résolu. »

A suivre

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